Petite méditation ou rêverie


A partir de la cinquantaine (environ), on commence à entrer dans une période indéfinie du temps, une sorte de postérité incommensurable. Les années perdent peu à peu de la valeur, le temps touche à la notion d’éternité.  Parfois, en se retournant vers le passé, nous avons l’impression d’avoir vécu plusieurs vies et de ce fait, le passé lointain, ainsi divisé, ne nous appartient plus vraiment. Un artiste parfois ressent une impression semblable, lorsqu’il regarde son œuvre, après un certain temps d’absence ; il ne sent plus l’auteur de son travail, mais l’attribue à un inconnu (qui pense comme lui).

Quant à la vieillesse, le pire piège qui puisse l’atteindre est de commencer à vivre l’histoire des autres comme la sienne.  De cette façon, on s’efface peu à peu avant de disparaître tout à fait.

Dieu et la notion d’éternité constitue une suite à cette petite méditation et dans le silence, nous continuons à penser infiniment, jusqu’à ce qu’un bruit nous surprenne, nous réveille, nous ramène dans une réalité temporelle.